L'aîd El Kébir

Cette fête commémore la soumission d'Ibrahim à Dieu, symbolisée par l'épisode où le patriarche acceptait de tuer son fils Ismaël sur l'ordre d'Allah, celui-ci envoyant au dernier moment un mouton pour remplacer l'enfant comme offrande sacrificielle. En souvenir de cette soumission totale d'Ibrahim à Dieu, les familles musulmanes sacrifient un mouton ou un bélier, mais parfois d'autres animaux comme des vaches ou des chèvres, en l'égorgeant, couché sur le flanc gauche et la tête tournée vers La Mecque, après la prière de l'aïd.

L’Aïd el-Kebir est nommé la Tabaski par une partie des musulmans du Mali, du Sénégal, du nord du Bénin, du Niger, du nord de la Côte d'Ivoire et du Burkina Faso. De même, chez une partie des Berbères en Afrique du Nord, il est appelé Tafaska. En Turquie, il est appelé Kurban Bayramı et dans les Balkans, Kurban Bajram.

Autrefois les Morisques réfugiés en Afrique du Nord appelaient cette fête Karnéré, le terme disparaît peu à peu au profit de la dénomination arabe majoritairement en vigueur au Maghreb, il est parfois noté sous la graphie européanisée de Carnere par de nombreux voyageurs étrangers.

 

La pratique de ce sacrifice à domicile est très controversée dans certains pays occidentaux, comme la France, qui ne fournissent souvent pas de lieux alternatifs où la communauté musulmane pourrait égorger dans les conditions d'hygiènes requises. Dans certains pays européens cependant, l'organisation de l'abattage est en partie prise en charge par les autorités depuis peu de temps

En Belgique, en 2007, l’agence Bruxelles-Propreté a ainsi édité un fascicule distribué dans les communes et les mosquées de la région bruxelloises. Publié en quatre langues, français, arabe, turc et néerlandais, il indique les coordonnées de quatre abattoirs communaux et quatre abattoirs privés de la région de Bruxelles

Le Manuel relatif à l’organisation des abattages rituels lors de la fête de l’aïd al-adha édité par le service belge de la santé publique, de la sécurité de la chaine alimentaire et de l'environnement informe que :

« Le sacrifice ne fait pas partie des 5 piliers de l’Islam, et il est plus considéré comme une tradition que comme une obligation coranique. Par conséquent, des solutions alternatives au sacrifice sont possibles telles que le don ou l’offrande. Les gens peuvent faire un don personnel, un don à une organisation qui vient en aide à des musulmans ou à des communautés musulmanes (exemple : villages pauvres) ou passer par une organisation qui met en conserve de la viande sacrifiée, laquelle sera alors distribuée à des familles qui ne peuvent abattre elles-mêmes un mouton.

L'Aïd El Kebir est du reste beaucoup plus qu'un simple événement religieux. C'est aussi une grande fête familiale et sociale, et à l'instar de toute fête, elle est synonyme de rencontre, de joie, de partage et de fraternité. La Fête du Sacrifice est surtout l'occasion pour donner et faire le bien. Le partage avec autrui est une règle chez les musulmans, mais il prend une importance toute particulière ce jour-là.[4] »

En France, l'association française Une Miséricorde Pour Tous organise ainsi annuellement une collecte de dons appelée Opération mouton et visant à offrir un mouton à certaines familles n'ayant pas les moyens d'en sacrifier un pour l'Aïd el-Kebir[5]. L'association Teranga-Kaolack organise une opération similaire, l'opération Tabaski, en faveur des démunis de la région de Kaolack (Sénégal)[6].

 

Les critiques se focalisent généralement sur le respect de l'animal sacrifié, et notamment les conditions de transport et d'abattage, mais aussi sur le respect des législations sur la santé publique et l'environnement.

Brigitte Bardot a été condamnée par la justice française pour ses propos lors d'une campagne contre la pratique du sacrifice animal, en fustigeant « la dégradation générale des mœurs, la décomposition des valeurs et de la culture nationales » et en faisant part de « son angoisse face à l'irruption de comportements et de mœurs d'origine étrangère liés à une immigration massive, jugée envahissante ». Cet appel a trouvé un large écho dans la société française, relayé annuellement par les médias[7].

Le sacrifice du mouton de l'Aîd elKébir se fait généralement sans étourdissement préalable de l'animal, contrairement aux pratiques recommandées habituellement dans les abattoirs, notamment dans l'Union européenne. Des dispositions relatives au bien être de l'animal existent dans de nombreux pays, notamment dans des dispositions de l'Union européenne transcrites dans les législations de tous les pays de l'Union, mais des dérogations spécifiques sont prévus dans le cas d'abattage à caractères religieux, néanmoins ces dérogations sont restreintes à des établissements agréés, et non aux particuliers[4].

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